Travaux ligne 2 du tramway

Dominique BOY-MOTTARD
Conseillère Municipale et Métropolitaine
Présidente du groupe « Radical et Divers Gauche »

Monsieur Philippe PRADAL
                                                                                               Maire de la Ville de Nice
                                                                                               En mairie

Réf.   : DBM/CD/2016-10-28

Objet : Travaux ligne 2 du tramway                                                                                       

Nice, le 28 octobre 2016

 

Monsieur le Maire,

Mon attention a été attirée sur un problème lié aux actuels travaux de la ligne 2 du tramway.

En effet, il semble que le passage du tunnelier ait récemment engendré des dommages, notamment dans l’immeuble de l’Artistique situé au 27,boulevard Dubouchage, dans lequel se situe également feu le Théâtre de la Photographie et de l’Image.

On constate de nombreuses fissures dont l’une assez importante en façade et les murs de l’immeuble ont vraisemblablement “bougé” puisque certaines portes palières ont de grandes difficultés à fermer. D’ailleurs les arbres qui sont plantés devant le bâtiment ont été étayés, ce que les habitants considèrent comme révélateur.

Ayant contacté différents services pour avoir des précisions quant au niveau d’avancement du tunnelier à ce jour (il semblerait que personne ne soit au courant, sinon qu’il a passé la future station du square Durandy) et tenté de joindre sans succès Madame Anne RAMOS, chargée de l’accompagnement du chantier, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de vous signaler ce problème.

En effet, les riverains sont à juste titre très inquiets et se demandent si ces dégradations ne risquent pas de s’accentuer dans les jours qui viennent. Face à leur préoccupation, je vous remercie par avance de votre réactivité.

Je vous prie de croire, Monsieur le Maire, en l’assurance de mes salutations distinguées.

Dominique BOY-MOTTARD


Communiqué de Dominique Boy-Mottard du 28/10/2016

TRAVAUX SOUTERRAINS DU TRAMWAY :
ÉVITER LES IMPACTS POUR LES CONSTRUCTIONS EN SURFACE

Le passage du tunnelier du chantier de la ligne 2 du tramway après la station du square Durandy semble avoir provoqué des dégradations au niveau des bâtiments en surface. L’immeuble de l’Artistique situé au 27 boulevard Dubouchage (dans lequel se situe également le Théâtre de la Photographie et de l’Image) a vu apparaître un certain nombre de fissures (dont l’une, importante, en façade du Théâtre) et certains habitants de l’immeuble rencontrent des difficultés pour ouvrir ou fermer leurs portes palières ce qui pourrait être révélateur d’un mouvement des murs.

C’est pourquoi j’ai souhaité alerter Monsieur le Maire en lui adressant le courrier ci-joint afin que toutes les mesures soient prises pour éviter que ces dégradations ne s’accentuent dans les jours qui viennent.


Conseil municipal du 13/10/16

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Comme vous, nous restons anéantis par la violence de l’image de ces corps sans vie gisant sur la Promenade des Anglais, notre Promenade des Anglais.
Et je ne veux pas commencer cette intervention sans avoir une pensée reconnaissante pour tous ceux qui, pendant et après ce moment tragique, n’ont pas hésité à intervenir, d’une façon ou d’une autre, pour apporter leur aide à des victimes souvent en détresse.
Mais pour tout vous dire, comme beaucoup de Niçois, comme beaucoup de Français, mais aussi comme beaucoup de victimes, nous avons été meurtris par les polémiques qui ont été artificiellement nourries après l’attentat. Des polémiques vaines, bien vaines, et aujourd’hui, tout le monde, presque tout le monde, s’accorde à dire qu’elles étaient vaines.
Et comme la plupart de ceux qui étaient présents, victimes ou non de l’attentat, nous avons vécu les sifflets et vociférations indignes du 18 juillet comme un crachat à la face de l’humanité de notre ville.
Aussi, ce matin, au sein de ce conseil réuni si tardivement, alors qu’on avait tellement besoin de se rassembler, de se sentir unis, j’ai envie de dignité, de hauteur ou peut-être simplement de décence.
En tant qu’élus de la ville, en tant qu’élus de la République, nous devons faire notre travail en délibérant pour alléger le lourd fardeau du deuil et de ses dommages collatéraux. Rien de plus, pour l’instant, mais rien de moins. Car, sans effacer le traumatisme, la vie continue.
Pour notre part, nous le ferons sans esprit partisan, sans chicaner ou discutailler à propos de telle ou telle proposition. En simplifiant, je dirai – même si l’on peut toujours faire autrement – que l’ensemble est cohérent, qu’il apporte un certain nombre de solutions à des problèmes concrets, et qu’il esquisse correctement ce qui, au fil des années, deviendra le devoir de mémoire.
Des solutions concrètes qui touchent en premier lieu les victimes et leurs familles. Leur suivi bien sûr, mais aussi les différentes aides financières avec les recettes reversées au fonds de soutien mis en place par le CCAS. Des recettes de diverses origines qui témoignent de la mobilisation d’un grand nombre de nos concitoyens : un concert en hommage aux victimes, la vente aux enchères d’œuvres et objets de collection et surtout cette magnifique solidarité des agents de la Ville qui ont souhaité que les heures supplémentaires et les vacations qu’ils ont pu effectuer lors de l’attentat ne soient pas récupérées et reversées au fonds des familles.
Des solutions concrètes qui devaient aussi être apportées aux acteurs économiques de notre cité touchés par l’attentat avec un soutien financier d’urgence, un report de versement de la taxe de séjour pour certains établissements ou une exonération des redevances d’occupation du domaine public.
Et bien sûr, des solutions concrètes en matière de sécurité à la fois pour tenter de prévenir, autant que faire se peut parce qu’on sait que le risque zéro n’existe pas, que des drames ne se reproduisent, avec un certain nombre de mesures visant à protéger les endroits les plus sensibles (crèches, écoles, bâtiments publics, lieux de rassemblement…), à renforcer la formation des différents agents. Nous pourrons, dans l’avenir, reparler de ces mesures, de leur efficacité ou leur opportunité. Il nous a semblé que ce n’était pas le moment pour le faire : l’heure n’est pas à la tergiversation.
Je pourrais encore citer les pistes qui sont dessinées pour une meilleure sensibilisation à la citoyenneté, des pistes qu’il conviendra je crois d’approfondir. La carte de France de la radicalisation qui vient d’être publiée montre à quel point des efforts doivent être poursuivis en la matière dans notre région.
Le devoir de mémoire participe aussi de cette sensibilisation à la citoyenneté. Et certaines des délibérations de ce jour vont en ce sens. Ainsi, par exemple, la visite du Mémorial du camp des Milles par les élèves de CM2 ; ainsi la préparation d’une journée de commémoration, indispensable, par le Comité pour la mémoire ; ainsi la commémoration des noms des enfants victimes en proposant aux familles qu’ils soient gravés sur des plaques dans l’école à laquelle ils appartenaient ; ainsi, l’attribution du nom du Directeur départemental Adjoint de la Police aux frontières décédé à une rue de notre ville…
Je ne m’étendrai pas plus longuement sur ces différentes mesures. En épargnant à nos concitoyens, aux victimes et à leurs familles le spectacle de la division, de la polémique, de la récupération, de la démagogie, nous voterons l’ensemble de ces délibérations en espérant qu’elles feront l’objet d’une communication raisonnable car elles ne sont que la réponse normale et nécessaire à une situation aussi dramatique qu’exceptionnelle. ».