Lecture d'extraits de "Cinq de coeur" le samedi 5 juin à 17 h 30 à la Galerie Depardieu (64 bd Risso à Nice 06300)
 
Introduction

 

Gauche Autrement est une association née après la campagne électorale de l'élection municipale de Nice de mars 2008. Lors de cette élection, de nombreux niçois ont fait confiance à Patrick Mottard et ses colistiers. Ils ont adhéré aux 110 propositions du programme présenté par la liste. Pour poursuivre le travail qui a été commencé, nous proposons de tenir informés par ce site, mais aussi par d'autres moyens, toutes celles et tous ceux qui souhaitent faire de la politique autrement à Nice.

 

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Gauche Autrement compte parmi ses adhérents deux élus locaux, conseillers généraux : Dominique Boy Mottard (canton de Nice 7) et Patrick Mottard (canton de Nice 5).

 

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Le CG 06 a un nouveau Président Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Rédaction   
18-12-2008

 Image Exemple

 

C'est sans surprise qu'Eric Ciotti a été élu Président du Conseil général jeudi 18 décembre. Il y avait 45 présents sur 52 conseillers généraux. Seul candidat, Eric Ciotti a obtenu 38 voix. Il y a eu 2 bulletins nuls et 5 abstentions (du PC et de Gauche Autrement). Le PS pour sa part n'a pas participé au vote. Selon certains bruits de couloirs, c'est le seul moyen que le groupe a trouvé pour éviter un vote dispersé, ce qui aurait pu se produire en cas de pluralité de candidats...

 

Vous trouverez ci-dessous l'intervention de Dominique Boy-Mottard, au nom du groupe Gauche Autrement, lors des prises de parole ayant suivi le vote.

  

 

Intervention de Dominique Boy-Mottard

 

Monsieur le Président, chers collègues, Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord, Monsieur le Président, en toute courtoisie républicaine, de saluer au nom du groupe Gauche Autrement, votre élection à cette nouvelle fonction et de vous souhaiter bon courage dans la tâche que vous aurez à accomplir, dans l’intérêt des populations des Alpes-Maritimes dans un contexte particulièrement difficile.

Je tiens également à vous faire part de notre émotion lorsque vous avez évoqué la mémoire de notre collègue, de notre ami, Jean-françois Knecht, et je tenais à vous remercier de l’avoir fait.

Je rassure ceux qui commenceraient à s’impatienter : mon intervention sera sans doute moins longue que celle de mes prédécesseurs. Elle se situera dans le cadre strict de l’ordre du jour. Sur le fond des sujets, nous aurons l’opportunité de débattre en janvier lors de l’adoption du budget départemental.

Comme il vient d’être dit, la présente passation de pouvoir s’effectue sur fond de cumul des mandats et de chaises musicales. Ce n’est pas tout à fait notre philosophie à Gauche Autrement : chacun l’aura bien compris. Mais nous constatons deux choses :
- Ces « anomalies » (euphémisme…) démocratiques sont assez fréquentes et concernent aussi bien la droite que la gauche.
- cependant, malgré une condamnation de principe, l’électorat ne les sanctionne pas vraiment.
Du coup, nous actons cette passation de pouvoir sans pour autant renoncer à nos convictions même si elles demeurent, je vous l’accorde, manifestement minoritaires dans la population.

Reste le fait que, si le député-maire a en quelque sorte devancé l’appel pour la Présidence (il n’est jamais trop tard pour bien faire), il n’est pas vraiment allé au bout de sa logique puisqu’il fait toujours partie de notre assemblée. Vous me direz qu’il n’est pas le seul, ici, à attendre la fin d’un interminable feuilleton judiciaire et à ainsi profiter des opportunités légales au détriment de la clarté politique.

Cela dit, le plus important, c’est l’avenir et mon propos est une adresse à celui qui, désormais, aura la charge de conduire notre institution dans les prochaines années.

Nous en sommes tous conscients, ces prochaines années seront marquées par la crise, une crise qui, je ne cesserai jamais de le rappeler, a remis en avant le rôle de l’Etat, le sens du collectif, la nécessité de la solidarité. C’est dire si notre institution, que la République a calé justement sur le créneau du social et de la solidarité, a un rôle extrêmement important pour amortir les effets de la crise, notamment vis-à-vis des plus faibles.

Nous le savons, notre département risque de voir diminuer sensiblement ses ressources en provenance des droits de mutations compte tenu de l’évolution du marché immobilier. Comme Patrick Mottard a eu l’occasion de le rappeler lors du débat d’orientation budgétaire, nous ne sommes pas anti-impôt. Mais – et là je m’adresse au nouveau Président du Conseil général – le contexte est délicat. La crise actuelle fragilise encore davantage les petits avec l’énorme problème du pouvoir d’achat et celui du chômage. D’autre part, la nature même du financement de notre institution fait que vous pourriez avoir la tentation de compenser presque automatiquement la baisse des droits de mutation par l’augmentation des impôts directs (encore que vous n’ayez pas parlé de cette question dans votre intervention). Or, ces deux impôts n’ont pas la même « clientèle » contribuable… Même si nous comprenons qu’il va bien falloir trouver des ressources, il n’est pas admissible de compenser la perte de « l’argent des riches » en ayant recours à « l’argent de ceux qui ont moins ou des classes moyennes ». D’autant que certains d’entre eux – je fais référence bien sûr aux contribuables niçois – viennent d’être frappés par la hausse brutale et importante (15% tout de même…) des impôts de la commune.

Il faudra donc beaucoup de doigté, d’imagination (vous l’avez souligné, Monsieur le Président) mais aussi surtout de générosité et de courage pour hiérarchiser les besoins à financer. Pour notre part, nous ne serons jamais dans le toujours contre. Nous ne serons jamais dans le toujours plus. Mais nous serons dans le toujours mieux et le toujours plus solidaire.

J’ai aimé trouver dans votre propos la référence appuyée à l’action sociale (mais vous avez eu de nombreuses références appuyées dans votre discours…). Parce que pour nous certaines dépenses sont incompressibles : ce sont celles qui permettent à nos concitoyens de mieux vivre, de vivre décemment et parfois même, de vivre tout court. Nous l’avons déjà dit, notre collectivité doit être exemplaire sur ses compétences obligatoires, surtout quand elles touchent au social et à l’éducation. Dans ce dernier domaine, à l’heure où l’Etat multiplie les agressions contre le service public de l’Education nationale et aussi – on en parle moins, mais c’est malheureusement une réalité – contre l’éducation populaire, en faisant des coupes franches dans les effectifs de toutes les catégories d’agents qui interviennent  dans ces secteurs fondamentaux, nous devons veiller non seulement à maintenir mais aussi à accentuer les efforts de notre collectivité. Sur les dossiers sociaux, le désengagement de l’Etat met les départements dans une situation délicate. Jacques Victor a évoqué précédemment le RMI et l’insertion, je voudrais, pour ma part, m’arrêter un temps sur la situation des personnes âgées et de celles en situation de handicap. S’agissant des personnes âgées, nous avons déjà eu l’occasion de parler des difficultés que nous avons à suivre la politique de création et d’extension des EHPAD prévu dans notre Schéma départemental car l’Etat n’assume pas sa part : plus d’argent depuis six mois pour abonder la part qui lui revient, à savoir la prise en charge des soins. On s’oriente vers le même type de problème dans le secteur du handicap : notre assemblée a pu avancer des sommes que la DDASS devait verser à la MDPH, mais la situation pour 2009 paraît bien inquiétante. Pourrons-nous toujours ainsi couvrir les défaillances de l’Etat ?

Se concentrer sur nos compétences sera donc une nécessité. Poursuivre notre action dans les autres domaines est possible et souhaitable si l’on tient compte pour l’essentiel de l’aspect éducatif ou social qu’ils présentent. Je pense bien sûr, tout particulièrement, à la politique du logement sur laquelle je ne reviendrai pas, m’étant déjà longuement exprimée sur cette question.

A l’heure où il faudra bien faire des choix, nous devons donc être vigilants. L’action sociale est certes moins spectaculaire que les grands travaux, mais j’ai la faiblesse de penser qu’elle est indispensable et pas seulement utile pour venir en aide aux plus faibles.

Pour terminer, quelques mots pour expliquer notre vote sur la désignation du nouveau Président. Comme l’avait annoncé Patrick Mottard tout à l’heure, nous nous sommes abstenus, car il s’agit, finalement, d’une question qui intéresse les élus qui appartiennent à la majorité de notre assemblée. C’était à eux de désigner celui qui conduira la politique départementale à partir d’aujourd’hui – et elle vous a choisi –, politique que nous examinerons sans complaisance mais néanmoins sans à priori car notre seule boussole sera, comme elle l’a toujours été, l’intérêt des femmes et des hommes de notre département.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention.

 

 

 

 
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